dimanche 14 septembre 2008

En vrai, les Japonais ils défoncent Winnicott.

robot géant=doudouMe regarde pas comme ça, je sais que tu te demandes où je vais chercher mes titres.

Aujourd'hui je vais te parler de la psychologie des Japonais. Check ce que nous dit Wikipédia à propos de l'objet transitionnel :

"Donald Winnicott fut le premier à parler de l'objet transitionnel ainsi que des phénomènes transitionnels, soulignant soigneusement que leur existence était fonction des enfants. En effet, si tous les enfants occidentaux n'y ont pas recours, le phénomène est plus rare encore — voire le plus souvent inexistant — dans les sociétés extra-occidentales."

Oh, je ne peux pas blâmer ce brave Winnicott : il est mort en 1971 et l'anime Mazinger Z a commencé à être diffusé en 1972.

Ben ouais, gars, t'avais pas remarqué, mais les robots des dessins animés, c'est des objets transitionnels.

"L'objet transitionnel vient remplir une fonction essentielle : celle de défense contre l'angoisse."

Tu veux, dire, comme quand on prend les commandes d'un robot géant et que tout d'un coup tu crois que t'as des couilles de la taille du New Jersey et que tu vas éclater la rondelle de Misato après la mission (si t'es un garçon), ou bien que ta maman est toujours là pour te protéger (si t'es une fille) ?

De fait, on t'a sans doute déjà dit que les Japonais étaient des gens très réservés, tellement gênés lorsqu'il s'agit d'exprimer leurs sentiments que ça confine au handicap. C'est vrai. Mais c'est des malins, alors ils ont crée the arnaque technologico-télévisuelle : les anime de mecha.

Les anime de mecha, c'est des dessins animés avec des génériques d'ouverture qui te montrent des combats de robots de ouf, avec une chanson qui incite à la dévastation des ennemis pour abreuver nos sillons de leur sang impur, mais quand tu regardes le véritable contenu du dessin animé, tu te rends compte que tu t'es bien fait baiser la gueule : ton robot il se bat pendant les 5 dernières minutes, point-barre.
Pendant les 80% du temps de l'anime, ton robot il se repose, pendant que les humains te font un cours sur l'amitié, l'amour, la tristesse, l'empathie pour les tourterelles, bref, toute la gamme des sentiments humains y passe, ni vu ni connu.
Bien entendu, l'anime de mecha constitue le matériau pédagogique par excellence lorsqu'il s'agit d'appréhender la mort d'un proche, ne t'étonne donc pas d'y voir mourir ton amour de jeunesse, ta fiancée, ton meilleur ami, etc. C'est dans un but purement éducatif.

On ne peut évidemment pas parler d'anime de mecha sans mentionner le formidable travail de fond de la Gainax, cellule psychologique spécialisée dans la transition adolescente, chargée de redonner courage à tous les laissés pour compte, ceux pour qui les manga à base de sport n'ont pas suffi pour comprendre que dans la vie il faut se battre et que c'est pas en restant prostré dans ta chambre que tu vas dégotter de la meuf.
En effet, les anime de la Gainax ont un thème simple mais fédérateur : l'entrée dans le monde des adultes est un déchirement, un traumatisme comparable à la naissance (une seconde naissance, si vous préférez).
Avant c'était tout simple et sans problème : on était dans une cave avec des règles à suivre et on creusait pour obtenir son steak quotidien (Gurren Lagann), ou bien on avait sûrement une vie normale mais on n'est pas sûr (Evangelion), ou bien on allait tout simplement à l'école en admirant son grand frère et en kiffant sa meuf (FLCL).
Puis vient l'entrée dans le monde des adultes, et là ça devient n'importe quoi : on est entouré de nanas aux courbes ravageuses qui n'ont visiblement que ça à faire de passer leur temps avec nous, mais dès qu'on veut toucher on se prend un râteau, parce que le monde des adultes c'est le mensonge et la trahison, et les nanas, en mensonge et en trahison, hein, ouais, on s'est bien compris.
Le monde des adultes, c'est aussi le monde des responsabilités qu'il faut prendre alors qu'on n'a pas du tout envie, alors on boude jusqu'à ce que la Terre soit en danger, et là évidemment on est bien obligé de se remuer un peu.
Enfin, le monde des adultes c'est aussi le monde de la douleur, de la mort des amis ou des parents, le monde de la réalité, quoi. La réalité, c'est mal.
Heureusement, la Gainax est là pour t'aider à dire merde à ton daron (Evangelion), à trouver une nana plus dans tes cordes (Gurren Lagann) et surtout pour t'expliquer que tant que t'auras pas
décidé de te servir de ta batte ("te servir de ta batte", on s'est bien compris ? *wink wink*) ou de ta vrille géante ("ta vrille géante", on s'est bien compris ? *wink wink*), t'auras toujours ta vie de merde.

Les anime de la Gainax, c'est le "just do it" des otakus, le robot n'est là que comme prétexte, pour te rassurer, mais la morale de l'histoire, c'est que tu dois croire en toi et pas en les autres qui croient en toi.

Message corroboré par Parappa : you gotta believe.

6 commentaires:

Patataboy a dit…

Il y a aussi le phénomène "mort aux outcast"
Tous les animés quels qu'ils soient encensent toujours l'appartenance à un groupe (reflet putride du terrorisme morale Japonais qui ne te juge que par rapport à ton appartenance à une communauté).

Les nakamas c'est trop de la balle, tu dois donner ta vie pour eux car ils feraient de même pour toi ... naïf et dangereux à mon gout.

Robert Patrick a dit…

@Patataboy : et que dire d'Albator, dont les thèmes sont "les étrangers sont forcément des ennemis", "les femmes sont forcément des fourbes", "s'il y a une bonnasse, c'est forcément le petit gros à lunettes qui se la tape". ;-D

Patataboy a dit…

X-D
C'est tellement vrai

BEBOPER a dit…

Mais j'apprends plein de trucs, ici! Et je comprends mieux mon désintérêt total pour ce genre de productions (ben ouais,chuis adulte, j'ai plus besoin que ma maman me protège et que mon popa me donne le sein). Une question me brûle donc les lèvres: comment comprendre les adultes friands de ces choses binaires ? Hum?

Robert Patrick a dit…

@Beboper : oh, il y a plein de raisons, parmi lesquelles le phénomène de robots étant devenu un phénomène culturel de grande échelle, il est quasiment impossible de s'intéresser à la culture japonaise sans se renseigner un peu sur le sujet. Aller au Japon sans savoir ce qu'est Gundam, c'est se construire une barrière culturelle vis-à-vis des autochtones. C'est un peu comme les jeux vidéos, on peut ne pas aimer ça, mais ne pas savoir qui est Mario au Japon, c'est être à côté de la plaque. Mario et Gundam au Japon, c'est comme Mickey aux US, c'est leur religion à eux.
Après évidemment, il y a les goûts de chacun, toi qui verses un peu dans la politique et la musique, tu devrais comprendre : des robots qui se foutent sur la gueule avec des musiques légendaires en fond et des dialogues sublimes pour remonter le moral des troupes, c'est un peu comme faire une manif en scandant des slogans pertinents sur fond de Carmina Burana. Ça poutre.

Yakimono a dit…

il faut cependant avouer une chose, les japonais ils sont vraiment balèzes dans le domaine !

 
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