lundi 1 mai 2017

Et l'amour, enculé ? (part.5)

Ça fait un bout de temps que la Future Funk – un sous-genre de Vaporwave – constitue la bande-son de mes parties de TsumTsum, et tellement c'est bien de tomber sur des perles de J-POP remixées groovy, y a du bon et du moins bon, mais c'est globalement exactement ce qu'il me faut pendant que je fais des grosses chaînes de Mickey et de Picsou.

Bon.

L'autre jour, je tombe donc sur ce titre, et là, le choc : en une demi-seconde je reconnais Priss et le trait indubitable de Sonoda Ken'ichi. Toute mon adolescence en pleine gueule, bien plus que la voix extraordinaire de Boy George, que – malgré tout son talent – j'ai toujours haï après cette merde de Karma Chameleon.

Oh bah tiens : je m'en vais faire un article sur Sonoda Ken'ichi, décidai-je dans la seconde. Mais pour ça, il faut se documenter, et cher lecteur, tu n'as pas idée des sacrifices que j'ai dû endurer.

1) Bubblegum Crisis


Évidemment, qui dit Sonoda, dit Bubblegum Crisis, les OAV qui mettaient leur race à l'époque.
EH BAH PUTAIN ! Qu'est-ce que ça a mal vieilli ! Une vraie torture à regarder !
Alors que c'est un des premiers anime que j'ai eus, à l'époque où on s'échangeait des VHS devant Tonkam, j'en avais gardé un souvenir ému, mais là, j'ai lutté pour remater tout ça.
Je te passe l'aspect vieillot auquel on ne peut rien, mais en 2017, les HUD dessinés par un enfant de 8 ans qui a oublié d'apporter sa règle ce jour-là, désolé, c'est non :


Alors bien sûr, au milieu de toutes ces scènes à l'animation foireuse et au parallélisme aléatoire, tu as environ UNE scène par épisode où les mecs se sont mis à 60 pour te pondre un truc qui arrache la gueule, genre ça :


Non, le vrai problème de Bubblegum Crisis, c'est que c'est de la merde, tout simplement : y a rien qui se tient. RIEN. On a 4 meufs, on sait pas pourquoi elles sont ensemble, sur quels critères le recrutement s'est fait, Priss et Linna, on a aucune idée de ce qu'elles font dans la vie, le scénario de chaque épisode est perclus de Deus ex machina, de trucs dont tu sais pas d'où ça sort, encore une fois RIEN NE SE TIENT dans cette série. Scénaristiquement, tout est bâclé, les chansons de début et de fin, faut vraiment pas être difficile, la musique des épisodes, le doublage, le rythme, tout ça est branlant de bout en bout.

Alors je me dis "non mais c'est pas possible ! C'est pas mon Sonoda Ken'ichi qui a pondu des bouses pareilles ?"
Eh ben non, c'est pas lui. That's why. Il ne s'occupe que du chara design sur cette affaire-là. Le scénario, la réalisation, il est innocent, même si c'est sa boîte qui produit.


Parce que quand Ken'ichi s'occupe du scénario et de la réal', PARDON, mais ça ressemble à autre chose !

2) Gunsmith Cats

Voilà la vraie came, les mecs ! Voilà du vrai Sonoda Ken'ichi qui met les mains dans le cambouis d'un bout à l'autre !

Regarde-moi ce putain de talent pour le cadrage :


Regarde-moi ce découpage fabuleux :



Gunsmith Cats, c'est un condensé de tout ce qui fait l'identité de Sonoda :

- des femmes fortes et sexy


- une maniaquerie des armes à feu


- une maniaquerie des bagnoles


Chez Sonoda, les héros sont des femmes indépendantes qui n'ont pas besoin qu'on leur explique comment utiliser une arme ou un véhicule, elles gèrent, merci. Les mecs sont là pour le décor, à l'exception de Bean, le Jason Statham de la série. Ce qui frappe graphiquement, c'est l'aspect extrêmement dynamique et cinématographique du truc.


Tu kiffes ce genre de scène ?


Check this out :


Voilà, le père Sonoda, il te balance des scènes légendaires comme ça 20 ans avant qu'Hollywood ait les moyens de le faire.

Du bon turbin à l'ancienne, genre tous les dégradés à la trame, regarde-moi ce boulot d'artisan :


Pour toutes ces raisons, j'aime Sonoda Ken'ichi, je me souviens encore des heures passées dans ses artbooks, heureusement disponibles en ligne, que tu puisses te régaler aussi.
 
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