skip to main |
skip to sidebar
Ah ben oui, c'est fini la Golden Week, vieux, faut remettre son cerveau en marche ! C'est donc l'heure de la séquence "Japan bashing", puisque y a visiblement que ça qui te plaît : dès que je dis du bien des Japonaises, tout d'un coup c'est plus tes copines et tu n'as pas de mots assez durs pour m'expliquer comme elles manquent de hanches, de seins, qu'elles ont les dents de traviole et qu'elles ne s'intéressent qu'à l'argent.
T'aurais pas un peu l'esprit de contradiction, par hasard ?
Et pis d'abord, est-ce que c'est bien des femmes que tu regardes ?
Mythe n°3 : "Parce que le Japon, c'est une île"
Celle-là, elle est fatale. 100% bullshit from nihonjinron, mais c'est pas grave : papa et maman l'avaient bien dans la tête, les gamins en ont mangé aussi et maintenant tout le monde est convaincu de sa connerie.
Parce que le Japon étant la seule île au monde, tu comprends, c'est pas comme si on avait d'autres îles sous la main pour comparer, hein...
D'abord, remettons-nous dans le contexte : quand un Japonais met l'insularité sur le tapis, c'est en général pour expliquer la fameuse harmonie japonaise et/ou justifier son gaman et son gambaru de merde qui pourrissent sa vie, et puis aussi celle des autres tant qu'on y est, car pourquoi s'arrêter en si bon et productif chemin ?
Mais cette histoire d'insularité, c'est de la connerie sur DEUX niveaux, et c'est là que ça devient marrant :
1) l'insularité elle-même.
"On doit tous vivre ensemble dans la paix parce qu'on est une île".
T'as raison mon con.
Évidemment, quand toi, Français du milieu de l'Europe, on te sort ça, tu te dis "ah ben ouais, ça se tient". Mais si tu réfléchissais 2 minutes, tu penserais à une autre île : l'Irlande. Et l'Irlande, dans la série "aime ton prochain comme toi-même", hein, tu m'excuseras. C'est pas comme si les mecs avaient 25 ans de guerre civile derrière eux, donc pour l'harmonie, tu repasseras.
"Oui, mais l'Irlande tu peux habiter partout, alors que le Japon on peut habiter que sur les bords, donc c'est tendu du slip", t'entends-je déjà objecter.
Ah ouais ?
Et l'Australie, c'est pas une île où on habite qu'au bord, peut-être ? Et puis le bord de l'Australie, tu seras gentil de pas aller trop près non plus...
Les gens, je veux bien discuter avec vous, mais il faut être un peu sérieux, quand même, hein.
2) l'harmonie elle-même.
C'est là que tu vois que cette justification liée à l'insularité est un pur produit des nihonjinron. Le Japon est une terre d'harmonie ? Sérieusement ? SÉRIEUSEMENT ?
Parce que les Sengoku Jidai, c'est pas des mecs qui se foutent sur la gueule pendant un siècle ? Si Sekigahara c'était un pique-nique, fallait prévenir, on serait venus.
Et le Bakumatsu, c'était la fête de fin d'année, c'est ça ?
Les Aïnous, pareil : harmonie dans le cul de ta femelle, maintenant qu'on t'a coupé la tête, tout ça...
Tu ouvres un livre d'histoire japonaise et tu me dis où tu trouves de l'harmonie comme notion évidente liée à l'insularité.
Hé, ici on déconne, hein, va pas te fâcher avec belle-maman pour si peu.
Soit t'es un touriste et tu fais pas gaffe, tu es juste estomaqué par le stock de magazines de porn même pas cachés au cas où il y aurait des enfants et tu luttes pour voir où c'est marqué le goût de tous ces putains de triangles verts avec du riz dedans, soit tu vis ici et tu fais même plus gaffe à rien, tu rentres, tu essaies de pas oublier de filer ta "T-point card" à la caisse et tu ressors.
Alors deviens Robert Patrick quelques secondes, la prochaine fois.
Dans un konbini, je perçois :
- le ding-dong des gens qui rentrent.
- la musique de fond.
- le bip de chaque touche de la caisse enregistreuse.
- le bip du scanner à main.
- le biiiip biiip biiip des fours à micro-ondes.
- éventuellement l'INSUPPORTABLE japonais automatique de la vieille du Seven-Eleven qui dit 15 fois "arigatô gozaimAsh'TA !" à chaque client. Envie de la gifler à chaque fois qu'elle inflige cette inflexion systématico-obséquieuse à tout le magasin à travers sa voix de crécelle.
Je remarque aussi l'invasion croissante des caissières chinoises, avec leur badge marqué "Chin" ou "Chô" en hiragana. Y a donc pas qu'à Paris qu'ils investissent les petits commerces. Les Japonais deviendraient-ils fainéants au point qu'on manque de personnel autochtone ? Parce que les caissières chinoises, elles volent pas le taf des Japonais, hein, elles prennent les places dispos. Ou alors ça veut dire qu'on a moins de vieux. Ça c'est bien, ça, moins de vieux. Ou alors c'est que les étudiantes trouvent plus rentable de porner.
Tu m'étonnes.
Bref, le konbini, c'est une telle somme d'agressions sonores que tu seras gentil d'être aimable avec les gens qui y subissent leur emploi toute la journée.
Je suis un peu occupé en ce moment, mais je voulais revenir sur cet article à propos de Disney que je prépare.
Lorsque j'en ai parlé, une des premières réactions a été : "encore du Japan bashing, OK, les Japonaises c'est des connes car elles aiment Disney".
La sociologie, c'est un peu plus compliqué que ça. C'est par exemple se demander pourquoi une nana de 40 ans qui porte un T-shirt à l'effigie de Minnie Mouse se verra complimentée à base de "KYAAAWAIII !",
quand dans le même temps tu ne verras quasiment pas de nanas de 40 ans porter un T-shirt Hello Kitty parce que c'est "kimoi".
Pareil pour les étuis de téléphone portable, les accessoires sur les sacs à main, etc.
Bref, de l'inégalité du ruban dans les cheveux dans la société japonaise, avec ce twist assez intéressant que le modèle validé est d'origine américaine alors que le modèle décrié est d'origine japonaise.
La suprématie du modèle Disney comme élément de bon goût, de féminité, et la validation sociale qu'il entraîne ne peut que susciter l'intérêt de celui qui cherche à voir plus loin que l'assignation des autochtones sur le thème rebattu : "les Japonaises sont + adjectif".
Y a un moment, t'es obligé de te demander "POURQUOI ?", et même si tu n'es pas sûr de trouver la réponse définitive à cette question, tu te penches sur l'impact ostensible de Disney dans la société japonaise.
Mais tu peux aussi faire celui qui ne voit rien.
Continuons notre œuvre sacrilège de déconstruction du mythe japonais en nous attaquant cette fois-ci à un mythe dont le fondement même est inexplicable. Je ne vois que la religion pour mener pareillement le troupeau dans la même direction alors que le postulat interroge. C'est comme si je te disais "t'es une fille t'as pas de cheveux", quoi.
Mythe n°2 : l'hygiène irréprochable des Japonais
Ah ben oui, j'en vois déjà qui rigolent. Mais n'allons pas trop vite en besogne, tous mes lecteurs n'ont pas vécu au Japon...
Il semble y avoir consensus sur le soin particulier qu'apportent les Japonais à l'hygiène, que ce soit dans leur environnement ou pour leur propre corps. Non mais arrêtez de rigoler, merde, je vous dis qu'il y en a qui sont pas encore au courant !
Anyway.
Si tu cherches un peu sur le net, tu vas inévitablement tomber sur des articles comme celui-ci, d'où l'enthousiasme a visiblement banni la syntaxe et le style. "N'est pas un mot vain", sérieusement ?
Comme nous devrions le faire pour de nombreux mythes historiques qu'on nous présente comme des vérités inattaquables et qui ne reposent pourtant que sur la désinformation ou l'ignorance (le nombre d'Américains qui croient encore que le Japon a attaqué Pearl Harbor par surprise, juste AU. SECOURS.), analysons à nouveau la BASE de l'hygiène corporelle des Japonais :
Tu prends un bain le soir. C'est tout.
WHUT ? Non mais allô ? Allô ? Tu prends un bain le soir et t'es propre toute la journée ? C'est comme si je te disais "tu te laves les dents le soir et tu peux t'abstenir pendant les prochaines 24h, tu pues pas de la gueule" !
A quel putain de moment tu t'es dit "ah ben ouais, ça doit marcher" ?
Non, ça marche pas, connard. Ça marche encore moins quand tu vas bouffer du bibimbap le midi et des gyoza le soir, que ton corps juste il SENT LE CADAVRE, enculé !
Là-dessus je te parle même pas des vieux qui ont développé "l'odeur des vieux" (加齢臭), alors eux bien sûr, c'est la totale, mais ça prend même pas la peine de s'asperger.
Car le Japonais, bien engoncé dans sa connerie nihonjinronnesque, est persuadé de ne pas transpirer pendant la nuit, ni la journée, même en été (y a pas de raison de plus transpirer quand il fait 70% d'humidité et 40°C, ça se saurait !).
Et ces gens-là ils viennent te parler d'hygiène et t'expliquent qu'ils ont la culture de la propreté ! Ce culot !
Tu vas me dire : "OK, c'est vrai que quand je baise ma nana après qu'elle a bouffé de l'ail j'ai l'impression de fourrer un Tauntaun, mais les rues, elles sont propres, merde ! Les chiottes aussi, partout elles sont propres !"
C'est pourtant vrai. Mais ne va pas croire pour autant que les Japonais sont des gens respectueux de la salubrité publique. Ce sont de vrais cochons (et comment pourrait-on exiger d'un salaryman qui tient déjà à peine debout qu'il pissât droit ?), mais ils ont un service d'hygiène qui nettoie presque 24h/24 : tu es allé aux toilettes ? Un mec passe derrière toi. C'est 7h du matin ? Les commerçants nettoient devant chez eux la centaine de mégots que le reste de la population a balancée par terre. Faut pas confondre.
Comme d'habitude, le Japon fonctionne sur un système de "pas vu, pas pris" : les mecs qui ramassent les crottes de leur chien, par exemple. Évidemment que c'est plus propre que de laisser la crotte par terre, mais quoi ? T'as cru que parce que t'avais enlevé 99% du morceau on allait pouvoir lécher ensuite ? Quitte à récupérer la merde, tu pouvais pas mettre ton sac au cul de ton chien ? Tu passes ton temps à traquer les microbes, mais là ça va, l'étron de ton clebs il a sans doute laissé aucun germe, c'est safe, je peux marcher dessus....
Et chez les gens ?
Ah, là, on rejoint mon article sur la technologie. Que je t'explique...
Si tu t'étonnes du peu d'enthousiasme que les Japonais montrent à t'inviter chez eux, c'est que l'endroit n'est pas forcément présentable. Et là-dessus, il faut bien avouer que l'archaïsme de leur système de poubelles est aussi à mettre en cause.
Car vois-tu, dans ce merveilleux pays qui investit des millions de yens pour améliorer des tubes néons (Allô ? 2013 ?), les poubelles en dur n'existent presque pas. Les poubelles, c'est tes sacs en plastique que tu balances à même la rue, avec plus ou moins de filets protecteurs pour empêcher les corbeaux/rats/daims de les éventrer et d'en répandre partout, ce qu'ils ne se privent pas de faire quand même, tu penses bien. Et comme le système est encore médiéval, dans tous les immeubles sont affichées des consignes pour dire aux locataires de pas sortir leurs poubelles la veille, mais le jour même avant 8h du matin, histoire de prévenir le rush animal autant que faire se peut.
Oh comme c'est pratique, dans un pays où les gens bossent jusqu'à minuit ! Comme ils ont envie de se lever à 7h30 le samedi matin pour sortir leurs poubelles alors qu'ils sont rentrés à 2h la veille !
TROP FORT, LE JAPON !
Mais y a plus fort encore : le système de tri des ordures, qui va du relou à l'ubuesque, histoire de te faire lever bien tôt plusieurs fois par semaine, bien sûr, mais aussi de bien pourrir ta baraque si jamais tu as oublié de sortir/pas pu sortir le type de déchets qui n'est ramassé qu'une fois par mois (genre les bouteilles en plastique dans certaines préfectures, quand tu sais qu'ici les gens ne boivent de l'eau/du thé qu'en bouteille...).
Le résultat ? Ce qu'on appelle les gomiyashiki (ゴミ屋敷), les maisons poubelles.
Ne crois pas que ce soit si exceptionnel, il y a même des services de nettoyage qui se sont montés, et les raisons qu'ils donnent sont claires : juste le système des poubelles est TROP RELOU.
En comparaison de l'ampleur du chantier, tu comprendras donc que je passe sur les vieux qui crachent comme des Chinois, les salarymen qui fourrent leurs doigts dans leur nez pour en retirer les trésors qu'ils ont reniflés non-stop pendant la demi-heure précédente, puis touchent tout et n'importe quoi sans se laver les mains, et puis bien sûr le génie des gars qui ont pensé que c'était trop une putain de bonne idée de mettre des serviettes à lavabo dans les entreprises : tu utilises le lavabo et tu l'essuies ensuite avec une serviette posée dessus pour plus qu'il reste de traces d'eau dedans et qu'on croie que personne ne s'en est servi avant. Genre tout beau tout neuf.
Bonne idée, gros con : c'est bien la peine de poser des distributeurs de serviettes individuelles si c'est pour qu'ensuite tout le monde fasse partouzer ses microbes dans la serviette du lavabo !
Et ces gens-là osent te parler d'hygiène et t'expliquent qu'ils ont la culture de la propreté !
Oh, ce culot !
Ah ben oui, des fois c'est ration double.
Sans doute que parfois tu me lis et tu penses : "Ah, c'est trop vrai, comment il les défonce !", et tu kiffes, et tu aimerais tellement prendre le premier Japonais qui passe et lui en mettre plein sa gueule, ou la première Japonaise qui connaît suffisamment de français pour te casser les couilles en V.F. et lui mettre un de mes articles sous les yeux pour lui claquer son beignet comme elle le mérite.
Si je tiens à mon anonymat et à la relative confidentialité de ce blog, ce n'est pas pour rien.
Quand tu chies sur le Japon, tu peux me dire que ta copine surenchérit, que ça la dérange pas, qu'elle pense comme toi, moi je dis que quand tu fais ton Robert Patrick en live, même si la personne à qui tu t'adresses pense comme toi, juste tu lui dis que ses parents, ses grands-parents, ses amis ou ses collègues sont des cons. Ça ne fait évidemment plaisir à personne d'entendre ça, et ça va pas augmenter les probabilités de fellation pour la journée en cours.
Des fois il ne suffit pas d'avoir raison pour avoir raison.
Ne porte pas mes couleurs, ne crois pas que je me fais le héraut de quoi que ce soit et sache que dans la vraie vie je suis discret. Tes victoires rhétoriques te font juste passer pour l'intolérant de service. Moi j'ai fait une croix sur ma vie sociale alors je peux me permettre, mais je te déconseille de faire ton malin au Japon et de vouloir en remontrer aux gens, à moins que ne trouves que blesser les autres est un passe-temps acceptable, auquel cas je te range dans le camps des nuisibles que j'abhorre. Oui, les cons qui viennent te chercher alors qu'ils n'ont jamais quitté leur île tu peux leur rentrer dedans si ça t'amuse, mais n'oublie pas que les cons français au Japon, c'est pas ça qui manque (médailles régulièrement distribuées sur la twittosphère), et le stock est fréquemment renouvelé, en plus.
Profil bas, discrétion, Sun Tzu, tout ça... Mais aussi préservation de l'autre, on n'y pense pas assez.
À toi qui ne partages pas mon quotidien, mes sorties à 21h avec vue sur l'affligeant spectacle du salaryman bourré qui se fait prendre en photo avec une collègue gênée qui gère comme elle peut pour que la séance ne donne pas lieu à ce geste déplacé mais bien placé, une bassesse qui porte le nom de main aux fesses,
à toi qui échappes aux théories de Senbei sur les filles qui portent des pantalons blancs ou qui ont un nez de boxeur et dont il me régale lors de nos virées à Ginza pour aller jouer les gaijins relous qui font courir le vendeur de chaussures et qui maudissent à haute voix le laçage improbable des 12 paires que nous essayons,
à toi qui ne partages pas mes trajets dans la JR et qui échappes à toutes ces publicités diffusées pendant mes 32 minutes de transport quotidien, je profite de ce que demain est férié et d'avoir le dernier Sakanaction dans les oreilles pour te faire partager un nouveau .gif animé de mon cru.
Parce que tous les jours j'y ai droit.
Il y a les filles laides, et il y a les filles dont tous les critères du monde te diront qu'elles sont censées être des bombes, mais juste elles sont flippantes, que tu sais pas si tu vas revoir ton zizi en 1 seul morceau ou si c'est une bonne idée de dormir à côté, tellement tu pourrais te réveiller attaché au pieu et servir de cobaye à des tortures encore inconnues des mortels.
Je sais pas ce qui a pris à Promise d'engager ce modèle, mais juste si tu croyais pas aux légendes des renards qui se transforment en femmes, là tu es obligé de revoir ton scepticisme...
Marrant comme le sous-titre du blog était rapport avec la ligne éditoriale du début et comment aujourd'hui on peut se demander ce qu'il reste de naïveté dans ma prose...
Et pourtant, la punchline ne change pas : "A toi, l’amoureux du Japon (= tu n’y es
jamais allé mais c’est ton rêve absolu, parce que « le Japon, c’est le
paradis, le plus beau pays du monde, les filles elles sont trop bonnes
et elles font du cosplay !»), je dis : prépare les Kleenex, tu vas en
prendre plein ta gueule".
Dans la série "on n'est jamais mieux servi que par soi-même", il faut avouer que le Japon se pose là : 99% de l'image que tu en as, c'est fabriqué sur place, comme ça on est sûr que tu vas bien nous idolâtrer comme il faut, t'inquiète, on a commencé par formater les gens de chez nous, nihonjinron-staïle, tellement c'est efficace on a toujours les doigts merdeux à force de les garder enfoncés dans le cul de nos compatriotes. Regarde comment on leur vend du Tôhoku comme la Terre Promise depuis 1 an, Ayase Haruka qui vient faire risette aux vieux, les oursons en pâte de sel Mako moulage qu'on te fait passer pour de l'artisanat local, mais comment donc ! Le Tôhoku, ça vous gagne !
J'entame donc aujourd'hui une série à base de réalité, et tu pourras commencer à comprendre que si je tape depuis longtemps, ce n'est pas tant sur le pays ou les gens, que sur la flagrance du mythe. Qui aime bien châtie bien.
Mythe n°1 : le Japon a dix ans d'avance technologique
Ah ça, putain, on en a bouffé de la technologie japonaise ! Il faut dire que le système est bien rôdé : tu fais un dessin animé avec des robots, tu fais rêver des millions d'otakus, et dans le tas il y en bien un qui va engloutir toute sa fortune dans la création d'un robot à l'échelle. Ça te coûte pas un rond et tu peux épater la planète entière en leur disant que t'as des robots comme dans tes dessins animés. À l'occasion tu fais une conférence avec un ASIMO qui monte 3 marches d'escalier, tu lui fais dire bonjour au premier président étranger en visite et le buzz continue, tranquille.
Mais...Euh... Sinon, y a combien de maisons qui sont équipées en robots, en 2013 ? Non, parce que l'avancée technologique d'un pays ça se mesure surtout à la MOYENNE technologique du pays, tu vois, donc si ton robot qui monte des escaliers ça concerne que 3 couillons dans un laboratoire pendant que tout le monde se gèle le cul chez soi en hiver parce que niveau BTP t'es encore au Moyen-Âge, ça le fait pas trop, quand même, non ?
Un des trucs qui épatent le plus les gens qui vivent ici, justement, c'est le RETARD technologique du Japon, figure-toi.
Genre le fax.
Tu vas me dire "ah ouais, mais là tu pompes un article de Cracked.com". Pas vraiment. Le mec a visité, pas vécu. Et crois-moi, le problème du fax vient pas tant de sa vétusté que de son principe d'utilisation : la ligne téléphonique vocale. Donc quand tu travailles dans une grosse boîte qui fait un mailing, quoi de mieux que d'entendre TOUTE TA PUTAIN DE JOURNÉE la photocopieuse qui envoie des fax et qui se mange des numéros qui répondent pas et qui font des bips interminables ET des messages de "ah ben on est bien désolé, mais c'est occupé" à travers tout l'open space. Et tout le monde trouve ça normal, bien entendu.
Je vais pas te reparler du chauffage dans les baraques, tu sais déjà que c'est tellement n'importe quoi que ces médiocres il leur a fallu une loi pour les obliger à construire des maisons "normales" dans le Hokkaïdô. Au secours. Mais juste pour l'exemple rigolo, quand tu dis à des Japonais que t'as froid chez toi, ils te répondent : "Comment ? Mais tu n'as pas de kotatsu ?!". Tu vois : dans la capitale d'un pays qui a 10 ans d'avance technologique, se chauffer en hiver, ça se fait avec une bouillotte électrique. Ça te montre un peu le vrai niveau intellectuel du pays : tout le R&D est mobilisé pour des gadgets (consoles de jeu portables, TVHD 3D, etc.), mais il n'y a pas de vision globale du problème, on est dans la solution ponctuelle et locale, genre "si le sol de ta maison est glacé, t'as qu'à mettre 3 paires de chaussettes", quoi.
Je vais te parler de l'isolation sonore. Ben ouais. Parce que pendant que le monde entier est au courant que le bruit est facteur de stress, le Japon, lui, n'a pas eu la note. Que je t'explique comment ça marche : au bout d'un moment, le bruit tu ne l'entends plus. Pourquoi ? Parce que ton cerveau filtre les fréquences. Sauf que ces filtres sont actifs et lui demandent de l'énergie. Le bruit du train toute la nuit à côté de chez toi ? Ton cerveau filtre. Et le matin tu te réveilles complètement crevé.
Mais le délire s'arrête pas là : non seulement ta baraque est toujours tellement bien isolée, que tes murs on dirait de simples grilles, mais surtout le pays s'ingénie à rendre le plus bruyant possible le moindre signal. Y a un camion qui tourne dans ta rue ? Tout le quartier va être au courant. Tu rentres dans une banque le midi, t'as l'impression d'être au pachinko, parce que les DAB silencieux, à quoi ça pourrait bien servir ? Et puis t'as remarqué : on n'a pas oublié la musique d'ambiance. C'est vrai qu'entendre la version instrumentale de "My Way", c'est exactement pour ça que je viens dans une banque retirer mon blé, connard.
Éloge de l'ombre, mais pas du silence...
Je te parle pas de l'internet, qui, s'il est rapide, est aussi bien dénué de tout. Au début, je comprenais pas pourquoi il y avait des rayons entiers de routeurs dans les magasins. Maintenant je sais : ta box internet, elle a la gueule d'un modem au cul duquel tu as juste UNE sortie RJ45. Le téléphone illimité ? Pourquoi faire ? Une prise supplémentaire pour brancher ta PS3 ou un deuxième PC ? Pourquoi faire ? Le wi-fi ? Pourquoi faire ? Juste t'as de quoi brancher UN PC, point. En 2013.
Et puis il y a LE grand classique de la technologie japonaise : les machines à laver. Ici, on lave à l'eau froide. Tu vas me dire : "dans d'autres pays aussi, économies d'énergie, sauvons la planète, bla bla bla...".
Ta gueule.
Si les Japonais voulaient sauver la planète, ils commenceraient par pas te filer 3 sacs et 2 prospectus dès que tu achètes une boîte d'allumettes. Ils commenceraient par pas laisser tourner leur moteur pendant les heures de pause juste pour avoir la clim' dans la bagnole. J'ai même vu des voitures tourner avec la clim' SANS personne dedans, juste parce que le mec voulait sans doute pas avoir froid quand il retournerait à sa caisse après son rendez-vous !
T'inquiète, Jo-l'écolo, le Japonais il en a rien à battre de ta putain de green attitude, trier ses déchets ça lui casse autant les couilles qu'à moi et s'il peut raser quelques kilomètres carrés de forêt pour y construire un putain de golf, il va pas se gêner.
La machine à laver, donc. Comme tu ne le sais peut-être pas, l'avantage de l'eau chaude, c'est qu'elle dissout les protéines que ton corps laisse sur les vêtements et qui les fait sentir la serpillière dès le premier lavage. À toi donc d'ajouter les produits chimiques (top écolo, n'est-ce pas ?) qui vont te permettre de porter tes fringues plus d'une fois, sauf en cas de grosse tache, bien entendu, où là personne pourra t'aider, parce que les blanchisseries japonaises savent pas enlever les taches non plus, d'où le nom, sans doute...
Bien sûr, tu peux toujours opter pour une machine qui lave à l'eau chaude, si t'as 2000€ à claquer dans une machine à laver comme un bon gros expat' que tu es, puisque déjà tu paies pas ton loyer. Il faudra juste m'expliquer comment un pays qui a 10 ans d'avance technologique peut oser demander 2000€ pour un lave-linge quand le voisin coréen t'en propose en France pour 6 fois moins cher.
Je réfute par avance "l'astuce" (ça, c'est une preuve de haute technologie : t'as un truc qui marche qu'à moitié, donc tu trouves des "astuces" pour en tirer le meilleur parti, plutôt que d'avoir un truc qui fonctionnerait correctement dès le départ, tu vois...) qui consiste à réutiliser l'eau chaude du bain : d'abord, prendre un bain tous les soirs c'est tellement une bonne idée pour la planète, toute cette eau consommée, et puis la pompe à flotte avec les tuyaux à travers la baraque, c'est TELLEMENT high-tech, Japon, fais-nous rêver !
La prochaine fois, nous parlerons de choses plus intimes...

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.