mercredi 12 février 2014

Too much love will kill you.

Il avait dit : "Too much love will kill you if you can't make up your mind".

J'ai donc décidé de faire un nouveau blog uniquement dédié à ce que j'aime de la subculture japonaise, il y aura évidemment des coups de cœur en temps réel, mais également tous les trucs que j'estime indispensables et dont je ne t'ai jamais parlé, des anime vieux comme le monde mais si tu les as pas vus t'as raté ta vie, des manga, de la musique, tout ce que j'aime, je te le fais partager.

Et comme ça je garde l'aigreur pour te raconter la société japonaise, avec les gros mots comme tu aimes.

samedi 8 février 2014

Et l'amour, enculé ? (part.4)

À l'approche de la St Valentin, je me dois de vous parler d'amour.
Je sais pas ce qui, temporellement, justifiera un nouveau chapitre de ma série "Love is War" juste après, mais ça chiera des bulles !

Anyway, j'ai passé les derniers mois lové dans les productions de Dowman Sayman, l'auteur de The Voynich Hotel, et, décidément, je suis complètement croque de ce mec.

J'ai donc dévoré 性本能と水爆戦・征服, よりぬき水爆さん, et enfin Paraiso 1.

1) 性本能と水爆戦・征服 (Seihonnô to suibakusen seifuku)


S'il s'agit bien d'un manga érotique, on est loin de ce que tu vas chercher pour ta branlette quotidienne. Ici, "érotique" ne veut pas dire "excitant" : il y a de la nudité, du sexe, une réinterprétation d'un tas de choses (des contes, notamment), mais tout est traversé par une tristesse et une mélancolie qui laissent tes ardeurs au repos et te permettent d'admirer comme l'auteur s'amuse de toutes les déclinaisons possibles des relations, avec le sexe comme fil conducteur.
Rapports consentis ou non, rares sont les sourires qui émaillent ce manga allergique aux happy ends, et tout événement heureux semble le prémice d'une catastrophe à venir, comme si la ligne directrice de chaque œuvre de Dowman pouvait se résumer à l'histoire du mec qui saute du haut d'un immeuble, et qui à chaque étage se répète : "jusqu'ici, tout va bien".
Le graphisme est encore dans sa phase primaire, on est loin de la fluidité de son trait actuel, mais l'important, de toute façon, ce sont les histoires.

Si tu passes ta St Valentin tout seul et que tu veux te convaincre qu'on peut baiser plus que toi tout en étant 10 fois plus malheureux, fais-toi plaisir avec ce recueil de détresse.

2) よりぬき水爆さん (Yorinuki suibaku-san)


"Yorinuki" est également parcouru de nouvelles sexuelles et mélancoliques, mais il sert surtout de journal intime à travers la série 日なたの窓に憧れて, qui raconte la vie de l'auteur, ses déboires de mangaka mineur, de fan de subculture, sa vie de merde et ses petits bonheurs. C'est juste jouissif de suivre son parcours, de revivre à travers lui ce Japon d'il y a 15 ans, de le voir se mettre en scène sous des styles graphiques différents.

Si tu as un minimum d'affection pour les losers talentueux, fais-toi plaisir avec ce recueil de quotidien artistique.

3) Paraiso vol.1


Là, on passe complètement à autre chose : style actuel, format "4 cases", Dowman nous invite à suivre une année scolaire de lycéennes un peu portées sur la chose, tout comme leurs profs, les extra-terrestres et autres fantômes qui peuplent ce manga génial, vivant, usant du comique de répétition, name-droppant l'air de rien par-ci par-là.


Comme d'habitude, on se demande où le mec va chercher tant de non-sens, d'idées géniales et de jeux de mots foireux (et grivois). Toute une galerie de personnages parodiques ou originaux, parfois transfuges d'œuvres antérieures (Noroida apparaît dans Seihonnô), chacun avec son obsession.
Si les 2 œuvres précédentes étaient parsemées d'humour, c'était quand même la mélancolie qui régnait. Ici, non. On est dans l'humour tout le temps, même quand les gens meurent ou se font violer, il y a de quoi rire de bon cœur. On retrouve l'optimisme permanent qui suintait de The Voynich Hotel, avec des personnages qui sourient et rient pour de vrai et qui kiffent leur vie insouciante de lycéens, pas de survivants dans un monde post-apocalyptique.

Si tu as une copine obsédée qui glousse quand tu fais une vanne de cul et qui aime les mangas, fais-lui plaisir avec cette bombe.
Et trempe ta banane dans sa turbine à chocolat.
C'est la St Valentin, merde !

jeudi 16 janvier 2014

De l'ironie (avec de la sociologie dedans).

Des fois, ça fait longtemps que t'es avec ta copine japonaise, ou ta femme japonaise, ou ton chien qui a déjà reniflé le cul d'une Japonaise, et tu crois que c'est un élément suffisant pour penser que tu connais bien la société japonaise.

Alors qu'en fait, c'est tout le contraire. Être avec une Japonaise, c'est précisément ce qui te coupe de la société japonaise.
Parce que la société japonaise, figure-toi, est essentiellement axée autour des relations entre les Japonais. Entre eux. C'est-à-dire qu'elle recouvre une dimension intraculturelle, et non interculturelle.

Tu vas me dire : "Hey, Robpat', je viens pas ici pour lire des trucs intelligents, je viens ici pour lire des grossièretés, alors arrête le jargon et donne-moi un exemple !".

Soit.

Alors imaginons que tu es avec une Japonaise depuis un certain temps, et que tu songes à l'épouser dans l'année.

Moi j'entends ça et je viens te voir, comme ça, l'air de rien, et puis...

- Dis-donc, j'ai appris que tu allais te marier dans l'année. C'est bien, ça. T'es sûr ?
- Ben ouais, on s'aime, on s'engueule pas, mes beaux-parents sont cools...
- Mais euh... T'es au courant ?
- ?
- Je veux dire....



Je veux pas baver sur ta nana, hein...





Mais tu sais que...





Ses arrière-arrière-grands-parents...





étaient tanneurs ?

Et là tu vas me dire : "MAIS C'EST QUOI TON PUTAIN DE PROBLÈME ?"

Parce qu'évidemment, ce que faisaient ses arrière-arrière-grands-parents, t'en as juste rien à carrer, et ta famille encore moins. D'ailleurs tu vois même pas comment QUI QUE CE SOIT pourrait en avoir quelque chose à foutre.

Bon.

Maintenant, si tu étais Japonais, voilà comment les choses se passeraient :

- Dis-donc, Hiroshi, j'ai appris que tu allais te marier dans l'année. C'est bien, ça.
- Ben ouais, j'ai un bon travail, ma femme cuisine bien...
- Mais euh... T'es sûr ?
- ?
- Non, parce que....



Le prends pas mal, hein...





Mais tu sais que...





(T'as vu, je raconte comme Guy Montagné)





Ses arrière-arrière-grands-parents...





étaient tanneurs ?

- QUOI ? Oh là là, tu fais bien de me le dire : on annule tout !

Parce que Hiroshi, non seulement il trouve ça grave, mais sa famille ENCORE PLUS.
Les burakumin, comme ascendance, c'est pire que Coréen.
Quand tu connais l'hystérie des Japonaises pour la maroquinerie, paie ton ironie...


Tu vois, ça a l'air de rien, et le problème se posera jamais pour toi, de même que ta copine n'ouvrira sans doute jamais une enquête sur ta famille après vos fiançailles pour vérifier que tu as bien tes 16 quartiers de noblesse (aussi parce que peut-être que pour ta copine, c'est un étranger ou rien, hein, c'est pas comme si la moyenne d'âge des mariages mixtes était légèrement plus élevée que celle des mariages nationaux), mais pour les Japonais, dont je t'ai déjà dit que leur conception du mariage était essentiellement familiale, on en est là. Depuis toujours. C'est pas des mecs qui continuent à s'éclairer au néon et à se chauffer à la clim' et au kotatsu en 2014 qui vont remettre en question les fondamentaux dynastiques.

Donc réfléchis bien que la prochaine fois que tu auras les mots "oui, mais ma copine..." au bord des lèvres lors d'une argumentation, tu ne feras rien d'autre que te tirer une balle dans le pied.

lundi 30 décembre 2013

Comme dirait Nougaro...


Je quittai le 9-3
"Mère patrie du vice"
Et parcourus Cipango
En quête de pain d'épices
J'allais partout, de Costco
L'Américain à Kayzer le Français
Avisais même Vie de France et Don Quichotte
Nul avatar du mœlleux délice
De frustrer mon palais
Boulangers japonais
Je vous tiens complices
Tas de fiottes.

lundi 11 novembre 2013

Cinéma de quartier (4).

J'ai donc vu hier soir cette charmante comédie américaine qu'est Wolverine. On m'en avait promis le plus grand mal, mais contrairement à Origins qui était une vraie grosse merde en dehors de son générique d'ouverture qui pétait bien, là, au moins, on rigole franchement.
Et quand je dis franchement, je veux dire : au même rythme que dans un Z.A.Z.

Parce que figure-toi que ça se passe au Japon. Donc je vais t'épargner toutes les incohérences purement marvéliennes (et la récurrence du non-saignement de M'sieu Serval à chaque fois qu'il sort ses griffes mais qu'il n'a plus son pouvoir régénérant) pour me concentrer sur ce Japon qu'on essaie de te vendre de bien piètre façon, même si l'emballage fait envie (Okamoto Tao, je bois ta pisse tellement qu't'es bonne).

Ça commence à sentir vraiment le caca à partir de l'enterrement du vieux Yashida, où Wolverine est juste LE SEUL à remarquer qu'un moine est tatoué :
C'est pas comme si y avait Yukio à côté de lui, la nana qui voit l'avenir mais qui est K.Y comme c'est pas permis quand elle a des yaks sous le nez. Et puis les yakuzas tellement crétins qu'ils se disent pas : "tiens, je vais me faire gauler à montrer mes tatouages devant 200 personnes".

TROP CRÉDIBLE !

顔掌度:★★★

Et à partir de là, on est dans le Zion : le temple dans lequel se déroule l'enterrement, c'est le Zôjôji (増上寺), ça se bastonne, ça court dans tous les sens, et hop ! Un plan et 50m plus loin on se retrouve à... Akihabara !
Tu reconnaîtras le fameux Love Merci, LE sex-shop du coin.

Y a juste un tout petit problème : Akihabara, c'est jamais qu'à 6 bornes du Zôjôji.... Et puis la mère Mariko, c'est pas comme si elle était en jogging, tu vois :
À peine 3 secondes plus tard, on est à Ueno pour prendre le Shinkansen, tu vois comme c'est bien fait.

顔掌度:★★★★★

Et là, la mère Mariko elle te tachise le Wolvie, mais genre "bon, ben c'est cool de m'avoir sauvé la vie, hein, mais maintenant tu me lâches, OK ? (et non, je te file pas mon LINE)".

Comme dirait Tigrou : "WHOUHOUHOUHOUUU ! Être ingrate, c'est ce que les Japonaises font le mieux !"

Mais Wolverine, c'est pas une gonzesse qui va l'empêcher de profiter du Japon, genre tu vas au Japon mais tu prends même pas le Shinkansen, NON MAIS ALLÔ, QUOI !

Alors il monte dans le train sans payer ses ¥10,000, tu penses, et là, tu le crois ? TU LE CROIS ? Cette pute de Mariko ELLE SNOBE WOLVERINE ! Genre vas-y, cause à ma main.
Le mec il vient de lui sauver la vie, il lui parle, et la nana ELLE MET SES ÉCOUTEURS, genre même pas je t'écoute.
Comme dirait Tigrou : "WHOUHOUHOUHOUUU ! Être des grosses bitches, c'est ce que les Japonaises font le mieux !"

Heureusement, Wolvie a d'autres soucis : pour pas se faire contrôler et se faire bouffer la gueule à base de "môshiwake gozaimasen, o kyaku-sama", il vésqui les leurleurs en allant se battre sur le toit du Shinkansen. Il a peut-être pas fait l'INALCO, mais pour ce qui est de son expérience du Japon, excuse-toi.

顔掌度:★★★

Déjà, jusqu'à présent c'était gratiné, mais tu vas voir, on passe la vitesse supérieure...

Arrivée chez elle, Mariko devient tout à coup la Japonaise modèle qui te parle bien et qui te fait à bouffer. Et là...
Ni une, ni deux, le PREMIER truc que fait Wolvie, c'est de planter ses baguettes bien verticalement dans le riz, LE truc qui se fait pas.
Parce que bien évidemment, le mec qui était prisonnier à Nagasaki pendant la Seconde Guerre Mondiale, C'EST SÛREMENT LA PREMIÈRE FOIS QU'IL MANGE DU RIZ AU JAPON, N'EST-CE PAS ?

顔掌度:★★★★★

Elle lui dit : "Argh ! Méchant gaijin de merde, c'est mal ! Toi tout poilu et rustre (mais c'est ça qu'elle aime, tu penses !)" et elle lui pose ses baguettes sur la table. Bon.
Et après ils discutent, Wolvie IL TOUCHE PAS À SA BOUFFE, mais au plan suivant, BAM !
Et là la meuf elle le regarde, genre "mais dis-donc, pédé, tu le fais exprès pour m'énerver ou quoi ?". Je dois dire que cette erreur de montage ajoute au comique de la situation (je te rappelle qu'on sort à peine d'un enterrement, donc les baguettes dans le riz, c'est vraiment du troll de haut niveau, quoi), elle a bien mérité ce qui lui arrive, cette garce.

顔掌度:★★★

Alors après, y a une vieille qui vient dire qu'un arbre est tombé sur la route. Bon. Eh ben la Mariko, tu sais pas ce qu'elle fait ? Elle envoie Wolvie, direct.
Parce que bien sûr, quand tu viens de te faire recoudre pour colmater des hémorragies multiples, FAIRE EXPLOSER TA TENSION ARTÉRIELLE, C'EST TROP UNE BONNE IDÉE, N'EST-CE PAS ?

 顔掌度:★★★★★

Un peu plus tard il y a des scènes avec des ninjas, et là, toujours dans une optique pédagogique, on apprend les règles de base de l'éthique ninja :

1) Le ninja ne peut pas se déplacer sans faire des galipettes et des cabrioles.
Même quand il est tout seul, même quand il n'y a pas d'obstacle, comme ça, pour le SWAG, une petite roue, un petit salto, ça mange pas de pain. Ça me rappelle ces jeunes Allemands qui font la roue dont parlait mon manuel de 6è, Treffpunkt Deutsch.

2) Le ninja masque toujours son visage, surtout quand il n'y a personne pour le voir, mais quand il est face à son ennemi, là, ça va, il se découvre et il lui parle comme à un pote.
Genre la cagoule, en fait, c'est juste pour pas attraper un rhume (ça se passe dans la neige, cette scène, alors tout le monde a une cagoule). D'ailleurs j'ai pas vu de clim' dans ce film, c'est dire comme les ninjas sont pas des imbéciles. Bon esprit, les ninjas, continuez à découper des fruits !

顔掌度:★★★

Après ça bastonne encore, je t'épargne les absurdités scénaristiques tellement y aurait de quoi écrire un bouquin, tu noteras quand même que les griffes d'adamantium qui te découpent un Shinkansen comme du beurre font jeu égal avec un katana, quand tu sais qu'un katana c'est tellement fragile que tu peux le briser à mains nues (白刃取り), juste mais AU.SECOURS.

顔掌度:★★★★

Et le final, mais juste...
Tu te souviens de Mariko, Miss "je-t'apprends-le-vrai-Japon", genre je me marie pour pas déshonorer mon père, je reprends la boîte pour pas déshonorer mon père, je couche dès le premier soir pour pas faire mentir les blogs sur les Japonaises, etc.
Bref, si tu voulais du traditionnel, c'est la fille qu'il te fallait.

Guess what ?


TIENS, SI JE ROULAIS UNE PELLE À UN GAIJIN POILU DEVANT TOUT MON STAFF, POUR VOIR ?

顔掌度:★★★★★★

vendredi 1 novembre 2013

Can't be unseen.

Je sais que tu connais déjà les couleurs de l'automne japonais. Grosso-modo, ça ressemble à ça :


Laisse-moi donc te présenter les couleurs de l'hiver :

1) le bleu roi

Déjà omniprésent l'année dernière, le bleu roi fait son retour en force dès le mois d'octobre cette année. On a encore 20 bons degrés en journée, mais du bonnet aux chaussures en passant par la robe, l'écharpe ou les collants, toutes les femmes sont déjà parées de leur accessoire bleu roi. Visuellement pénible d'uniformité.


2) le pied-de-poule


Alors le pied-de-poule, c'est vraiment LE motif de la rombière type, mais même les jeunes en portent ! En blanc ou en gris, chemisier, gilet, jupe, voire ensemble entier, de Ginza à Roppongi, c'est une permanente agression visuelle.
Et dans la série "j'ai 23 ans et je me sape comme une vieille", n'oublions pas l'indispensable collier de perles, le truc qui te met direct "+10 ans" dans le fashion sense.

Attention, hein, comme disait le magnétique globe-trotter qui m'accompagne ces jours-ci : "les Japonaises, c'est vraiment les femmes les mieux habillées du monde !".
Oui, globalement ça s'habille bien, il suffit de se poser 20 minutes dans une artère passante en milieu de journée pour avoir le tournis, mais JUSTEMENT, c'est là que tu comprends pas : comment tu peux avoir autant d'exemples de femmes bien sapées, de pression sociale qui t'incite à mentir sur ton âge, de lavage de cerveau pour ne donner que la jeunesse comme but à ta vie ET avoir des nanas de 25 ans qui s'habillent comme des femmes de 40 ?

Tu te souviens quand je t'avais dit que les Japonaises avaient toujours au moins 2 sacs sur elles, et après tu pouvais plus ne pas le remarquer ?
Eh ben là, pareil : bleu roi + pied-de-poule. Tes yeux sont désormais ouverts.

mercredi 23 octobre 2013

Des évidences.


Hier, soirée "internationale" privée.
Tu vas me dire : "qu'est-ce qu'une soirée internationale privée ?".
Ben c'est comme les soirées internationales organisées avec force publicité sur le net, les réseaux sociaux et frais d'entrée parce que résa de la salle et tout, mais là sans frais d'entrée, décidée par 2 nanas et avec tous les aléas des soirées privées japonaises, c'est-à-dire que 50% des gens te foutent un dotakyan (= annulation de dernière minute) dans ta gueule le jour même, avec toujours les mêmes excuses flaguées depuis longtemps, que tu te demandes encore à quoi elles servent et comment ceux qui les utilisent font pour se regarder dans une glace le matin.

Du coup, nous étions quatre : 2 Japonaises, 1 Français et 1 Américain. Plus cliché, tu meurs.

C'était la deuxième fois que je voyais la demoiselle qui m'invitait, homonyme d'une célèbre actrice mielleuse, et donc aussi l'occasion d'en savoir plus sur sa situation.

La trentaine. Un job. Habite encore chez ses parents.

Et là, tu sais ce que j'en pense : juste non.
Tu vas me dire "MAIS POURQUOI ?", surtout si tu es Japonaise ou étudiant.

Parce qu'en dehors du fait que ça va m'être bien difficile de te démonter chez toi sans réveiller tout le quartier tes parents, tous les psys te confirmeront qu'habiter dans son propre appartement est une étape essentielle dans la vie d'adulte. En effet, ne plus habiter chez ses parents crée dans ton cerveau la case "payer ses factures".

Payer ses factures, ça veut dire sacrifier une partie de tes revenus à ton bien-être et sortir de ce monde littéralement "magique" où la lumière s'allume parce que tu appuies sur un bouton, où l'eau chaude coule parce que tu tournes un robinet, où le repas arrive tout chaud et cuisiné sur la table, pour entrer dans le monde des adultes et du sacrifice, où toutes ces commodités se révèlent enfin sous leur vraie nature : tu as de l'eau chaude parce que tu paies ton gaz, de la lumière parce que tu paies ton électricité, un toit parce que tu paies un loyer.
Un monde dans lequel tu ne disposes plus de l'intégralité de ton salaire pour acheter des sacs et des chaussures, un monde dans lequel tu n'as pas que des droits et des envies, mais aussi des devoirs et des contraintes.

Si tu habites chez tes parents, tu vis encore dans ce monde magique où perdre son travail ne signifie pas être immédiatement à la rue, et surtout où ta solitude est un luxe et non une norme que tu tenteras d'enrayer à base de télévision allumée "pour la présence", voire, dans le meilleur des cas, par un animal de compagnie, le choix d'icelui révélateur de ta tolérance à toi-même.

Bref, tu es encore une enfant, et les enfants, c'est irresponsable et capricieux.

Alors c'est non.
 
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