samedi 9 juin 2012

Japon : entre tradition et tradition.

Depuis que j'habite chez moi, j'apprends à vivre au rythme des gens indépendants : sortir les poubelles le jour J et pas la veille, trier mes déchets et me retrouver avec des cartons relous pendant 15 jours à la maison sans me plaindre parce qu'à Kawagoe c'était ramassé seulement 1 fois par mois, entendre la voix post-apocalyptique du camion des objets encombrants le samedi matin, tu sais, cette voix de femme au bord de la dépression qui parle super lentement, comme un message qui tourne en boucle dans un monde sans survivants, parce qu'évidemment si t'es survivant le premier truc que tu fais c'est d'y mettre un coup de chevrotine pour lui fermer sa gueule. J'imagine.

Et puis vérifier mon courrier, parce que quand t'es étranger en attente de visa, tu guettes la lettre salvatrice.
Pour ceux qui ne vivent pas ici, les boîtes aux lettres, ça se présente comme ça


Des boîtes à code et non à clef, donc.
Comme je suis un mec – c'est-à-dire une feignasse – , j'ai tendance à laisser traîner les prospectus de pizza, putes à domicile et autres propositions immobilières. Bon.

L'autre jour je rentre du boulot, j'ouvre ma boîte et, surprise ! PLUS DE PROSPECTUS !
Du courrier normal, on m'avait donc pas dévalisé, mais plus de pub.

Après le premier choc, je me dis que c'est sans doute le gardien (je sais même pas si on a un gardien) qui a dû faire le ménage, peut-être il est pas au courant que maintenant chez moi c'est habité, tout ça...
Par acquit de conscience, je prends quand même la peine désormais de laisser mon code sur le zéro quand je referme ma boîte. Comme ça :


Bon
L'autre jour (un autre "autre jour") je rentre du boulot et je vois mon code sur le dernier chiffre de ma combinaison ! Et mes prospectus régulièrement dégagés de la boîte !
Serais-je victime d'un stalker ?

Ma vigilance redouble.

Et là, cette semaine, je vois de nouveau ma combinaison sur le dernier chiffre, et j'ai du courrier dans la boîte.
Alors la lumière se fait, mais mon cerveau, tout habitué qu'il est à vivre en 2012, a encore du mal à accepter l'incroyable vérité : le mec qui connaît ma combinaison, c'est le facteur !

Je vérifie l'ensemble des casiers et – le croiras-tu ? – IL N'Y A PAS DE CLEF GÉNÉRALE !!!
Ça veut dire que Jo-le-facteur, chaque fois qu'il vient déposer du courrier pour tout le monde, il est obligé de se taper la combinaison de CHAQUE boîte aux lettres !

C'est pas un truc de ouf ?!

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Sauf que tu as un gardien et que c est lui qui range ton bordel. !....

Anonyme a dit…

Hahaha, Robert Patrick!!! Moi qui en ai bien besoin, tu me fais bien rigoler à chaque billet. Bravo: c'est un don.

Sérieusement, l'une des choses qui m'a le plus manqué quand j'étais au Japon, c'était la bonne déconne "à la française". Du genre: "coup de chevrotine pour lui fermer sa gueule". Voila de quoi je parle. Intraduisible.

C'est con. C'est méchant. Ca me fait un bien foouuuUuuU. (Oui, j'aime la violence verbale gratuite, mais bien dosée.)

Matthieu

Eyfiss a dit…

Putain y'a des fois c'est grave franchement...
L'extrême dans les deux sens..

Anonyme a dit…

?? Qué? C'est quoi ce billet? Qualité en chute libre sur le blog de Robert...
Pour ton information, si, il y a une clef générale, j'ai vu le facteur ouvrir les boites chez moi.

Inari Sushi Facile a dit…

Il doit forcement tricher avec un petit cahier pour tout bien retenir ou alors ton facteur est une machine !! :)

grutendon a dit…

Ou sinon il y a un code général, un truc comme ça. C'est possible?

Dans tous les cas, en tant que factrice, ça me semble hallucinant.
Je veux même pas imaginer la galère sur la tournée..
J'aimerais bien parler avec un facteur japonais, voir les différences.

 
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